Années 60

Années 60

L'un des pionniers du Karaté dans le Sud-Ouest, Bernard GUEPIER a créé la première école de Karaté de la Gironde dans les années 60. Ce fut d'abord au sein de l'ASPTT puis rapidement cela devint une section du SAM en 1972. Bernard était alors 2ème Dan.

Il y enseignait avec son compère Michel MICHELET (premier à avoir obtenu la ceinture noire dans le Sud-Ouest). Très complémentaires, chacun avait su adapter la technique des premiers maîtres japonais venus en France à leurs morphologies totalement opposées. Ils pratiquaient un karaté très réaliste, viril, toujours efficace, en puissance pour Bernard GUEPIER, de vitesse et en finesse pour Michel.

Souvent les bagarreurs qui venaient tester un peu le Karaté se heurtaient à Bernard. Mais 1,93 m et 47 de pointure ça impressionne; alors une fois qu'ils avaient pris leur dérrouillée, ils se disaient qu'avec le petit (Michel) ils auraient leur chance... et là, ils en recevaient une deuxième, en plus sans rien voir ni rien comprendre! Cela ne pouvait que renforcer les légendes qui courraient au sujet de cet art mystérieux qui rendait invincible.

Ils y avaient eu comme élève mon 3ème professeur, l'iranien Farrokh MOSHFEGH. Quand je suis arrivé à Bordeaux en 1974, m'entraînant chez Farrokh c'est tout naturellement que depuis le campus de Talence nous allions de temps en temps à la mythique salle Jean Macé. Farrokh parti, à partir de 1976, Bernard GUEPIER m'a toujours apporté soutien et conseils lorsqu'il m'a fallu commencer à enseigner à 21 ans...

Régulièrement dans les années 80, nous réunissions nos clubs pour des entraînements de masse. Parfois je montrais une technique et Bernard passait derrière pour corriger les élèves, surtout les plus costauds... Il leur refaisait la démo pour en prouver l'efficacité: Plus un seul n'en doutait jamais! Il devait me trouver trop gentil avec les élèves mais il se contentait de montrer sans jamais une seule critique; il m'apportait toujours son soutien.

Jusqu'en 1993, Bernard GUEPIER a maintenu son cours, 2 fois par semaine dans ce gymnase au parquet plein de souvenirs. S'il pouvait parler, il en raconterait: Les entraînements étaient durs mais conviviaux et souvent pimentés des bonnes blagues de Bernard, de pots de passages de ceintures ou d'anecdotes (casseurs se tenant les côtes après avoir goûté un mae-géri, petites frappes tombées sur leur derrière, d'autres repassant vite le portail de la cour avant de recevoir la punition...).

Avant de déménager sur le bassin d'Arcachon, Bernard GUEPIER nous passa le flambeau. 1 ou 2 fois par an, il passe nous voir, satisfait que le bébé ait grandi. Il a bien essayé de continuer à s'entraîner mais pour lui, le karaté ""moderne"" est un peu trop virtuel!

Résidant plus près, Michel MICHELET, lui, nous a souvent rendu visite, apportant son coup d'oeil et ses conseils avisés...


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